Une brise douce d’un automne pas encore tout à fait commencé agite mollement les branches des arbres du parc. Les feuilles, nimbées d’une inhabituelle lumière, bruissent au dessus des têtes des passants rassemblés.
Suspendues anarchiquement, quelques dizaines d’ampoules de verre laissent échapper de mystérieuses flammèches et distillent une vacillante lumière qui guident les pas des badauds.
Soudain, à 21h03, se faufilent dans l’ombre de noires silhouettes chapeautées, murées dans le plus profond silence, presque un recueillement, et se livrent à l’allumage des feux, tous les feux…En effet, c’est une nuit pas comme les autres, la place de la liberté est en feu.
Petites ampoules, brasier contenu dans des futs allongés, pots de fleurs éparpillés, sphères ardentes de braises, torches classiques, la nuit se pare de chaudes teintes orangées tandis que déambulent dans les allées les visiteurs étonnés.
D’autres installations artistiques jalonnent ce parcours insolite. Là un funambule métallique opère des va-et-vient sur sa corde raide, là encore, c’est une voûte de maillots faiblement illuminés qui se balancent doucement au gré du vent, ici encore un groupe de gens s’émerveille simplement à la vue d’une myriade de fragments de miroirs au pied d’un arbre.
Intégrée dans la soirée d’accueil des étudiants Brestois, cette déambulation en toute liberté a été conçue et mise en place par la compagnie Carabosse et offrait à tous les Brestois l’occasion de redécouvrir un espace connu et habituel avec un nouveau regard, de nouvelles perspectives. Pari gagné car pour tous ceux qui ont vécu cette soirée, les repères étaient vraiment changés et l’on avait l’impression d’être vraiment ailleurs. Des installations sonores, savament intégrées et dissimulées dans les structures urbaines, permettaient d’ajouter un peu plus à la confusion des sens et de se perdre en toute confiance dans ce parcours onirique et poétique.









